Mardi 29 avril 2008
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14:13
Hier soir, garde de trois bouts d'choux! Intéressant... le petit de 5 ans m'a expliqué comment jouer à "age of empire", sans que lui même ne sache lire, il a simplement appris en regardant son
frère jouer, faut le faire. Je vais le mettre devant dream ce petit, on sait jamais...il pourrait me débloquer des trucs...
Bref, lavage de dent, puis lecture de patati et patatip...patatruc non patataupes! A la fin, il daigne sortir son pouce de sa bouche pour articuler : "nautre"... Un rappel...quel succés! On est
parti pour un petit nautre. Puis, extinction des feux.
Et je me plonge enfin dans mon livre (sans image celui-ci) :
L'élégance du hérisson de Muriel Barbery, et bien vous savez quoi ? J'ai fini d'un trait mes 300 pages! La maison aurait pu
brûler, j'en aurai pas décroché! Ce livre, ce livre...il m'a plongé dans une belle littérature, les phrases bien faites, les éternelles interrogations sur la vie, comment parfois regarder sous un
angle nouveau le banal quotidien devient signe, et évoque alors des questions, améne des réponses, ou pas...C'est profondément humain.
L'élégance du hérisson, c'est l'histoire d'une concierge, dans un immeuble bourgeois Parisien, une concierge unique, qui a du goût, de la culture, de l'intelligence, et qui se cache
derrière le stéréotype de la concierge imbécile et aigrie. Elle nous parle alors peinture, langage, philosophie, musique, pleine de distinction et de finesse.
Et c'est l'histoire d'une ado qui envisage son suicide, fille de l'immeuble dont les parents et la soeur sont angoissés, torturés, déprimés, sous une apparente bonne mine. Elle rédige ses "pensées
profondes" dans son "journal du mouvement du monde", commente son univers, le monde (très moche) des adultes, et la lire c'est vraiment drôle et émouvant. Plutôt désarmant même.
Emménage ensuite monsieur Ozu, lui aussi cultivé et sensible aux "belles choses". Il est d'abord surpris et curieux de cette concierge qui a lu Tolstoï et qui n'est pas insensible à la peinture
hollandaise, puis il devient très vite grand ami de ces deux marginales. Pour aller vite, c'est cela. Et je n'en dirai pas plus sur la fin.
C'est "soyeux", plein de tendresse, d'humour, bref... à lire!
Attention, âme sensible, ce n'est pas le même ton que chez San Antonio!
Extrait :
Dans l'imaginaire collectif, le couple de concierges, duo fusionnel composé d'entités tellement insignifiantes que seule leur union les révèle, possède presque à coup sûr un caniche.
Comme chacun sait, les caniches sont des genres de chiens frisés détenus par des retraités poujadistes, des dames très seules qui font un report d'affection ou des concierges d'immeuble tapis dans
leurs loges obscures. Ils peuvent être noirs ou abricot. Les abricots sont plus teigneux que les noirs, qui sentent moins bons. Tous les caniches aboient hargneusement à la moindre occasion mais
spécialement quand il ne se passe rien. Ils suivent leur maître en trottinant sur quatre pattes figées sans bouger le reste de leurs petits troncs de saucisse. Surtout, ils ont des petits yeux
noirs et fielleux, enfoncés dans des orbites insignifiantes. Les caniches sont laids et bêtes, soumis et vantards. Ce sont les caniches.
La première page :
Marx change totalement ma vision du monde, m'a déclaré ce matin le petit Pallières qui ne m'adresse d'ordinaire jamais la parole [...] ce crétin en duffle-coat vert sapin.
C'est vous qui le dîtes